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J'ai besoin d'aide

Comment aider un ami ou un être cher

Vivre avec une personne souffrant d’un trouble alimentaire est souvent très difficile. La famille et les amis vivent souvent de l’incompréhension, de l’impuissance et de la frustration. Quoi dire? Comment agir?

Renseignez-vous sur les troubles alimentaires en consultant des ouvrages, des sites Internet ou des professionnels. Ne vous laissez toutefois pas envahir par le problème de l’autre! Si vous ne pouvez déclencher sa rémission, vous pouvez cependant le soutenir en l’écoutant et en essayant de comprendre ce que la personne vit, sans jugement. Les troubles alimentaires sont souvent un appel à l’aide; au fond, la personne aimée est sensible à votre inquiétude et reconnaissante de votre ouverture.

Surprise : les troubles alimentaires n’ont rien à voir avec la nourriture! L’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie sont des troubles complexes qui traduisent un mal profond, dont les causes varient. Évitez d’inciter la personne à manger, d’offrir des récompenses si elle se nourrit ou de penser que la situation s’améliore parce que la personne prend un kilo. Les commentaires à l’égard de la nourriture et du poids sont inutiles et peuvent même encourager l’obsession de la personne.

Nul ne peut sortir gagnant d’une lutte de pouvoir à propos de la nourriture. En contrôlant rigoureusement son alimentation, la personne croit gérer les émotions qui lui échappent ailleurs dans sa vie. Les tentatives visant à règlementer la prise de nourriture risquent donc de renforcer son comportement.

Évitez les conversations portant sur l’apparence et les commentaires pouvant renforcer l’obsession de l’image corporelle. À la question « Trouves-tu que j’ai l’air grosse? », répondez « Je n’ai pas remarqué, je t’aime comme tu es » ou « Je vois que ça te préoccupe, aimerais-tu en parler? ».

Exprimez vos sentiments, et non des jugements. Parlez au « Je », n’entamez pas de discussion lors des repas et choisissez un moment où tout le monde est calme. Ainsi, vous pouvez dire « Je m’inquiète lorsque je te vois t’isoler des autres » plutôt que « Je pense que tu as un trouble alimentaire et que tu dois aller chercher de l’aide ». Il importe d’encourager la personne à faire des choix pour elle-même. Plus que tout, elle a droit à son intimité.

Si vous croyez que sa santé est sérieusement menacée, allez chercher de l’aide. Il s’agit d’une maladie grave que vous n’avez pas à affronter seul. Il est souvent nécessaire de consulter des spécialistes, puisque beaucoup de personnes atteintes nient le fait qu’elles ont un problème. Même si l’être cher vous accuse d’avoir trahi son secret, les règles de la confidentialité n’existent plus lorsqu’il y a un danger physique pour la personne.

Recherchez les services disponibles dans votre région (groupes de soutien, thérapies individuelles, soins médicaux). Téléphonez à l’ANEB ou consulter notre page Ressources pour accéder cette information, que vous pourrez transmettre à votre proche souffrant du trouble alimentaire. Seule cette personne peut décider si elle veut de l’aide, à quel moment et sous quelle forme. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide pour vous-même. Le trouble alimentaire touche tous les membres de l’entourage, et il est important que vous soyez soutenu durant cette période difficile.

Voir un être cher aux prises avec un trouble alimentaire peut susciter en vous colère, impuissance, culpabilité et frustration. Toutefois, il est inutile de blâmer la personne pour ce qui arrive : elle est au moins aussi déroutée et désespérée que vous. Étrangement, son trouble alimentaire lui apporte un certain réconfort, et il est difficile pour elle de le laisser aller. Par ailleurs, mettez de côté votre culpabilité. De nombreux facteurs extérieurs à vous sont à l’origine de cette situation.

Ne jouez pas au thérapeute : ce serait un échec. Vous pourriez renforcer certains comportements négatifs malgré vous. La personne souffrant d’un trouble alimentaire doit chercher de l’aide par elle-même, selon ce qui lui convient. Si quelqu’un le fait à sa place, cela ne l’encourage pas à prendre ses responsabilités et diminue sa motivation à se prendre en mains.

Notre société favorisant le développement des troubles alimentaires, questionnez votre propre attitude face à cette obsession de la minceur mondiale. Suivez-vous un régime? Faites-vous de l’exercice pour perdre du poids? Lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, est-ce sa silhouette qui vous frappe? Si vous prenez un ou deux kilos, votre estime personnelle en est-elle affectée?

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